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Accident de décompression de la moelle épinière

Les facteurs de la maladie de décompression de la moelle épinière en plongée loisir

On vient de porter à ma connaissance cet article paru le 24 Août 2010 qui traite des accidents de décompression de la moelle épinière (Accident médulaire) en plongée loisir.

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/20734244

Je joint ci après la traduction automatique (excellente) de Google pour ceux ou celles qui ne serait pas famillier avec la langue de Shakespeare :

Les facteurs pronostiques de la maladie de décompression de la moelle épinière en plongée loisir : analyse rétrospective et multicentrique de 279 cas.

JE Blatteau , E Gempp , Simon O , M Coulange , B Delafosse , V Souday , G Cochard , Arvieux J , Henckes A , P Lafere , P Germonpré , JM Lapoussière , M Hugon , P Constantin , Barthelemy A .

Institut de Recherche Biomédicale des Armées, Antenne de Toulon, UMR – MD2, P2COE Université de la Méditerranée, BP 20548, 83041, Toulon Cedex 9, France.

Résumé et CONTEXTE de cette étude sur les accident de plongée de la moelle épinière.

Cette étude vise à déterminer les facteurs de risque potentiels associés à l’élaboration de maladie de décompression graves liés à la colonne vertébrale en plongée (DCS).

Méthodes : Deux cent soixante dix neuf plongeurs de loisir blessés  (42 + / – 12 ans  ; 53 femmes) présentant des symptômes d’accident de décompression de la moelle épinière ont été rétrospectivement inclus à partir de sept centres hyperbares en France et en Belgique. Informations de plongée, la latence des symptômes après avoir refait surface, intervalle de temps entre l’apparition des symptômes et le traitement hyperbare ont été étudiés. La sévérité initiale de la maladie de décompression de la moelle épinière a été évalué avec le score de sévérité Boussuges, et la présence de séquelles a été évalué à 1 mois. Un traitement de recompression initiale à 2,8 ATA (Bars) avec de l’oxygène pur à respirer plus une recompression jusqu’à 4 ou 6 ATA avec de l’azote ou un mélange respiratoire d’oxygène-hélium ont également été enregistrées.

RÉSULTATS : Vingt-six pour cent des accidents de plongée de la moelle épinière ont présenté une résolution incomplète après 1 mois. L’analyse multivariée a révélé plusieurs facteurs indépendants associés donnant ces mauvais résultats :

âge> / = 42 OR 1,04 (1 à 1,07),> profondeur / = 39 m OR 1,04 (1 à 1,07), dysfonctionnement de la vessie OR 3,8 (1,3 -11.15), la persistance ou aggravation des symptômes cliniques avant recompression OR 2.07 (1.23 à 3.48), et un score de sévérité Boussuges> 7 OR 1,16 (01/03 au 01/31).

Cependant, le temps de recompression et le choix de la procédure initiale hyperbare n’a pas influencé significativement la récupération après ajustement statistique.

CONCLUSIONS : Les symptômes cliniques des de la moelle épinière et de leurs cours de formation initiale avant l’admission au centre hyperbare doit être considéré comme les principaux facteurs pronostiques de récupération. Un score de sévérité nouvelle est proposée pour optimiser l’évaluation clinique initiale pour la maladie de décompression de la moelle épinière.

Fin de citation.

 

Cette étude me surprend à plusieurs niveaux : ce résumé est court, très court et c’est étonnant pour une étude médicale qui ont l’habitude d’être longue avec force détails et résumés. En général de 20, 50 à 100 pages ! pour une thèse

Comme je l’ai dit auparavant, les conclusions de cet étude sur les traitements d’accidents médulaires en plongée loisir, me laissent perplexe et vont à l’encontre de ce que je sais et ce qu’on ma appris. Deux choses me suprennent, pas de différence entre les différentes methodes de recompression, et pas de variation significative suivant la rapidité de la recompression après l’accident ? J’ai donc contacté le Docteur Delafosse co-signataire de cette étude afin de lui demander des éclaicissements, et si il y avait d’autres élément de l’étude qui ne sont pas portée à notre connaissance ? ❓
Et il semble bien que OUI et pas des moindres !! 😯

On va rentrer ici un peu plus dans la technique.

Cet article est le résultat d’une rencontre de Medsubhyp en 2008 à Marseille (INPP). Les centres volontaires devaient apporter leurs accidents médullaires purs avec les délais, les symptômes, les traitements et l’existence de séquelles ou non à un mois. Le Docteur Delafosse présentait présentait le cas des patients ayant reçu l’ensemble du traitement à Lyon, (deux tables de 8 heures à 50 mètres en oxygène pur et mélanges héliox, deux USN6, puis des consolidations) sans aucune séquelle à un mois, et quatre patients traités initialement ailleurs puis secondairement à Lyon avec les tables lourdes : une ou deux paresthésies à un mois. Le Docteur Delafosse a eu la désagréable surprise de voir dans la première mouture que des patients traités par D50 avaient eu des séquelles à un mois : cela venait d’un autre centre, lequel n’ayant pas d’héliox recomprimait au nitrox !!, ce qui pour lui change un peu la donne sur les gradients d’azote. L’auteur « principal » de l’article voulait simplifier et distinguer uniquement tables à l’oxygène (courtes et USN6) et tables longues et profondes aux mélanges, quelque soient ces mélanges. De plus, l’absence de séquelle est rapportée à la première table et non au traitement entier. Ce qui veut dire qu’un patient initialement traité à XXXX avec une table de 90 minutes à 15 mètres et qui récupère secondairement à Lyon avec des tables profondes et longues pendant une semaine, voit le succès attribué à la table initiale de 15 mètres. D’où la conclusion rapide qu’il n’y a pas de différence entre les deux types de tables. Après de multiples « explications » et la menace du Docteur Delafosse de se retirer de l’article, il a pu obtenir quelques aménagements incomplets.

Pour ce qui est du délai de recompression, le Docteur Delafosse en reste à la notion qu’il faut recomprimer le plus vite possible. Cependant, entre une compression rapide de 90 minutes à 15 mètres en oxygène, ou bien une compression un peu plus tardive de 8 heures avec incursion à 50 mètres, cela se discute. L’idéal serait une compression rapide de 8 heures avec incursion à 50 mètres. Nous avions exposé à une réunion de Medsubhyp en 2005 nos résultats avec environ 100 plongeurs traités avant le délai d’un jour et une centaine traités au dela du délai d’un jour (médiane 3, 5 jours). La seule séquelle sévère définitive (paraplégie) est dans le groupe traité sans délai et le taux global de séquelles minimes à un mois est de 6% pour le délai court et de 10% pour le délai plus long (de mémoire). Ceci est loin des résultats des autres équipes, tant en France que ce que publie le DAN.
Dans l’article qui est mentionné, la partie symptomatologie reste intéressante et nombreux étaient les médecins à vouloir en rester là dans la mesure où la méthodologie d’analyse centrant l’absence de séquelles uniquement sur la première table et non sur le traitement complet biaisait totalement la conclusion. Il n’y a donc pas d’intérêt à lire la partie traitement.

Je suis donc rassuré !!

On ne m’a pas menti, Merci docteur pour ces précisions fondementales.
Si j’en reviens à cet article donc, en conclusion il ne faut pas prendre pour argent comptant ce que l’on lit et approfondir.

« Errare humanum est, perseverare diabolicum »
/ Caisson Hyperbare de Lyon
/ Accident de Marcel Fondacci

7 réflexions au sujet de « Accident de décompression de la moelle épinière »

  1. Sans vouloir polémiquer sur cet article médical et sur l’avis du Dr delafosse qui j’espère a été mal interprété (sinon pourquoi l’avoir signé comme coauteur ?), il faudrait déjà que Mr le gone sache qu’il n’a traduit (très mal d’ailleurs) qu’un résumé dont le texte intégral peut être commandé sur des sites médicaux spécialisés…Vouloir répondre par ailleurs aux commentaires et critiques éventuelles (comme tout étude rétrospective) du travail réalisé serait d’ailleurs trop long et compliqué pour les non initiés… (Sachant qu’une étude portant sur une série d’ADD médullaires avec autant de sujets n’avait jamais été réalisé jusqu à celle ci.). Que les redresseurs de torts et personnes « compétentes » fournissent alors les résultats de leurs travaux si ils veulent confronter les résultats aux notres…c’est tout de même curieux de voir qu’il y a toujours des gens très critiques sur le travail des autres et jamais sur le leur…( quand il existe ) Dr Gempp

  2. Chère DrGempp,
    ravi de constater votre intéret pour notre prose, personnellement je ne me pose pas en redresseur de torts, ni aucun membre du team, mais simplement un intéret certain à augmenter notre connaissance et à la faire partager et qu’elle meilleure façon que l’échange et la rencontre des personnes et des différentes équipes oeuvrant différemment afin de comparer les résultats ?
    C’est notre crédo, la soif de connaissance et l’échange.
    Personnellement j’ai rencontré à plusieurs reprises et échangés maintes fois avec le docteur Delafosse et pourquoi pas avec vous ?

  3. En relisant votre mémoire une remarque a attiré notre attention :
    « Interestingly, no divers presented sequelae after recompression
    with heliox tables at 6 ATA in our study. This
    result merits further consideration in future studies
    including a larger population of injured divers. »
    Je suis entièrement d’accord avec ceci, et c’est d’ailleurs ce que fait le Docteur Delafosse et quelques autres aussi.
    En tant que plongeur profond j’ai toujours tendance à « charger » en hélium, la décompression est bien meilleur.
    Bernard Gardette de la Comex nous l’a aussi confirmé aussi bien pour la décompression en plongée, que pour la recompression thérapeutique l’héliox est recomandé.

  4. pour que le message soit bien clair pour tout le monde, il faut savoir qu’ à ce jour seules 2 études cliniques ont été réalisées pour évaluer les tables thérapeutiques à l’héliox par rapport aux tables à l’oxygène pur…et les résultats n’ont jamais mis en évidence une différence significative dans la réduction du taux de séquelles pour les populations de plongeurs accidentés traités par héliox ! Il n’existe à ce jour que des arguments théoriques (basés sur les propriétés physiques de l’hélium) ou bien encore quelques études chez l’animal pour suggerer un bénéfice de l’héliox sur l’oxygène dans la recompression thérapeutique…dans notre étude les plongeurs traités par héliox D50 ne concernaient qu’une très faible proportion d’accidentés avec bien souvent un traitement initial réalisé dans un autre centre rendant difficile de tirer la moindre conclusion sur le bénéfice réel des ces tables…néanmoins, il ne faut pas sous estimer ces résultats préliminaires prometteurs. Dans notre centre à toulon, nous envisageons désormais en cas de traitement hyperbare initial inefficace avec aggravation secondaire la possibilité de réaliser des tables complémentaires à l’héliox 50%… malheureusement pour voir un éventuel bénéfice de ce protocole, il faudrait réaliser des études prospectives bien meneés sur plusieurs années vu la rareté des plongeurs victimes d’ADD sévère

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